Home Amériques I CUBA I Trinidad, cette ville au charme si intemporel et colonial !

I CUBA I Trinidad, cette ville au charme si intemporel et colonial !

Blog Madame Voyage à Cuba à la découverte de la ville de Trinidad

Trinidad, cette ville au charme si intemporel et colonial. Après La Havane, Trinidad est sûrement l'une des villes les plus emblématique de l'île cubaine. Elle aussi, fût fondée en 1514 par le conquistador espagnol, Diego Velasquez (Gouverneur de Cuba de 1511 à 1524). Elle devient ainsi la troisième colonie hispanique du pays.  Bien avant l'arrivée des colons espagnols, cette ville était déjà très réputée pour ses richesses accumulées, grâce au commerce de contrebande. Au cours du siècle suivant, Trinidad connait un succès grandissant. Et notamment, grâce à l'important commerce de la canne à sucre, accru par les esclaves en provenance d'Afrique. Dès lors, la ville devient le plus gros producteur du monde ! De fait, les plus riches commerçants, notaires, et comptables, débarquent et construisent, chacun à leur tour, des bâtisses toutes plus édifiantes, les que les autres. Ils y apportent leurs cultures architecturale et artistique pour se distinguer. Les édifices s'érigent peu à peu en laissant apparaître des matériaux nobles, comme des pierres de marbre, des essences de bois rares, et des pavés, tout droit importés d'Espagne. Le contraste est frappant, avec la partie Nord de la ville. Là où les esclaves étaient parqués dans des hangars de bois et de tôles. 

TRINIDAD, CETTE VILLE AU CHARME SI INTEMPOREL ET COLONIAL !

Blog Madame Voyage à Cuba dans les rues de Trinidad

Dès le milieu du XIX ème Siècle, après des années d'exploitation intenses, les ressources s'appauvrissent, et le rendement diminue. Les fortunes largement utilisées, s'affaiblissent à leur tour. C'est le début des crises sociales et politiques. Voilà que la prospérité de la ville de Trinidad décline. Les esclaves n'intéressent plus. Certains cherchent à fuir, lorsque d'autres restent, pour tenter de survivre dans ce chaos transitoire. 

A cette période, les colons quittent la ville, et laissent derrière eux, leurs anciennes maisons coloniales, entièrement meublées. Comme s'ils n'étaient jamais partis. Dès lors, les anciens esclaves s'approprient ces maisons. Difficile d'accès depuis toujours, la ville est condamnée à rester isolée pendant une bonne centaine d'années. Ces énormes bâtisses coloniales n'ont alors pas changées. Si, elles ont gagnées en vétusté et sont restées dans leur jus de l'époque avec leurs meubles importés d'Espagne. Imaginez vous,  ces immenses cadres en bois, ces lustres en cristal aussi grands que les pièces, ces bibelots dans tous les recoins, ces fameuses chaises à bascules et ces énormes tapis tissés. Quant aux rues, les pavés du XVI ème Siècle sont toujours en place à certains endroits, et en cours de remplacement dans certaines zones, qui deviennent peu à peu touristiques. 

Car en effet, dans les années 1930, le pays se développe à nouveau et souhaite s'ouvrir au tourisme. Pour se faire, le gouvernement décide de construire une voie ferrée, pour faciliter l'accès à la ville de Trinidad, qu'elle puisse enfin, sortir de son isolement et de ses secrets, jusqu'à lors, si bien préservés. 

 

 

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Blog Madame Voyage à Cuba, dans les rues ombragées de Trinidad

Depuis 1988, le centre historique de la ville de Trinidad est inscrit au Patrimoine Mondial de l'Humanité par l'UNESCO, qui se charge encore aujourd'hui, de la réfection des rues et de quelques bâtisses appartenant à l'Etat.  Certaines servent de musées, d'autres de maison d'hôtes, plus communément appelées les casa particular. Sur place, le contraste est saisissant entre la partie du centre historique en cours de restauration, et les quartiers alentours, qui eux, restent inchangés et toujours plus vieillissants. 

 

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Blog Madame Voyage à Cuba dans les rues de la ville de Trinidad, une vieille porte en bois
Blog Madame Voyage à Cuba, dans les rues de Trinidad, vue des montagnes au loin

Tôt le matin, j'entame ma découverte haute en couleur apparement ! Comme à mon habitude, je n'ai pas de plan. Je vous avouerez une fois de plus que dans la ville de Trinidad, c'est presque judicieux ! Oui, car toutes les rues possèdent deux noms. "Elles ont toutes été rebaptisées après la Révolution", m'explique un vieux monsieur dans la rue. D'ailleurs, il me dit  aussi, d'un air amusé : "évidemment, nous continuons à utiliser les anciens noms". Je décide de démarrer mes pérégrinations vers le centre historique, avant que les touristes arrivent trop nombreux. 

Depuis ma casa particular, je remonte une rue pavée pour arriver sur La Plaza Mayor. le point névralgique de la ville. Elle est entourée de très beaux bâtiments tous entièrement rénovés, qui valent le coup d'oeil : l'église Santisima Trinidad, le petit couvent San Fernando, et le Palacio Brunet tout vêtu de jaune assez extravagant. J'ai préféré déambuler dans les rues et papoter avec les locaux, plutôt que de m'enfermer dans des musées. Pour autant, mes rencontres m'ont fait remarqué que j'ai loupé une très jolie vue depuis le Musée de la Lutte contre les Bandits (museo de Lucha contra los Bandidos). 

Ils sont marrant ces cubains, ils sont si nombreux, souvent assis, parfois debout, au porche de leur maison, à observer pendant de longues minutes (heures) ce qu'il se passe chez le voisin. L' avantage, c'est que, si Grandma ne revient pas de ses courses, tout le monde sait où elle est et avec qui ! Certains sont timides et tournent la tête, d'autres sont curieux et m'invitent à venir discuter avec eux.  Je fais de superbes rencontres. Nous sommes au mois d'Octobre 2017, il y a très peu de voyageurs à cette période et c'est vraiment agréable. En effet, je ne sens absolument aucune tentatives d'arnaques ou de jeunes quémandeurs, comme j'ai pu le lire très largement dans les guides ou sur les forums de voyages. 

 

Dans les centre historique, je ressens bien que de nombreux bâtiments et rues pavées sont en cours de réfection. Il y a des échafaudages partout. Les façades des maisons ont l'air fraîchement repeintes dans de belles couleurs vives. Ce qui apporte beaucoup de gaieté et de charmes à ces ruelles. Sur l'une des places du centre proche de la Casa de Música, tous les jours, se tient un marché d'artisanat local. C'est relativement touristique soit, mais l'ambiance est agréable, la place est très jolie. Et c'est un endroit sympathique pour déjeuner sur les terrasses panoramiques des restaurants.

Dans ce coin, j'y découvre d'anciennes maisons coloniales, dont je parlais en introduction. Pour la plupart, ces maisons coloniales ont été réabilitées à la perfection et transformées en Casa particular ou Hostal. Il y en a plus de 700 dans toute la ville, n'ayez pas peur, vous trouverez de quoi dormir, même à la dernière minute. Et notamment dans la rue Piro Guinart, l'Hostal Carmelina de la Paz et l'Hostal Amatista sont de vraies recompositions historiques. Je m'approche du porche. Je demande l'autorisation de franchir le seuil de la porte, pour y découvrir ces pièces absolument somptueuses et les cours intérieures remplies de verdure. De véritables petits havres de paix, loin du folklore des rues attenantes. Je tombe à nouveau sur une jolie place, là où jouent un groupe de musique ! Je m'arrête et profite de la musique locale un instant.

Je commence à avoir une petite soif. Juste là, cette grand porte en bois m'attire ! Je m'approche et découvre une cour intérieure transformée en café/bar rhumerie. Le lieu est absolument immanquable à Trinidad ! Mon coup de coeur c'est certains. Le Café Don Pepe qui sert tout type de cafés, et surtout tous types de rhum dans le café ! 

Blog Madame Voyage à Cuba, Trinidad au Cafe Don Pepe
Blog Madame Voyage a Cuba Trinidad Cafe Don Pepe
Blog Madame Voyage à Cuba, Trinidad au Cafe Don Pepe

Je m'éloigne doucement du centre historique de Trinidad, pour me rapprocher des quartiers populaires, plus au Nord de la ville. Le contraste est sans précédent. Ici, rien n'est rénové, ni en cours de rénovation d'ailleurs. Aucun échafaudage en vue. Plutôt, des rues défoncées, de nombreux pavés manquants, des peintures passées, voir quasiment inexistantes. Mais quel calme ! Il n'y a plus aucune voiture ! Elles sont remplacées par des calèches, tirées par des chevaux élancés au galop. Les plus jeunes utilisent beaucoup le vélo. Il est loin de ressembler aux miens, mais ça fait l'affaire aussi. La preuve, je suis dessus aussi pour faire comme eux. Je tombe sur une place où les enfants jouent au football et au cerf-volant (fait maison).

Plus loin, je croise une vieille Lada rouge pétante, avec le capot grand ouvert. Tiens, ça faisait longtemps ! Je me rapproche, et qui se cache derrière le capot ? Un vieux monsieur Cubain, en train de réparer minutieusement "une pièce du moteur qui a lâchée" me dit-il. Je lui demande quel âge à sa voiture. Il me répond : " Elle est de 1973 !" - Ah oui quand même ! Elle est plus vieille que moi dis-donc ! 44 ans la vieille Lada Russe ! Par contre, je ne peux pas vous renseigner sur le nombre de kilomètres, "le compteur ne fonctionne plus depuis longtemps",  me dit-il en riant. Mais c'est pas grave, c'est la vie à Cuba, à force de n'avoir rien ou pas grand chose, nous sommes devenus les Rois de la débrouille ! C'est vrai qu'ils sont très débrouillards.

Je quitte ce gentil monsieur à la Lada et son fils, pour continuer à déambuler dans les rues perdues de Trinidad. En marchant, j'observe un jeune en train de balayer le seuil de sa porte, une vieille dame vidant son sceau d'eau sale sur les pavés. Je fais coucou, au jeune monsieur, avec sa très jolie porte en bois verte ! Puis, je fais une autre rencontre surprenante ! J'ai croisé l'un des derniers Général de la Révolution. Très marqué par son histoire, il me raconte ses affronts et ses blessures. Il me dit toujours souffrir tant physiquement que moralement. Il dort mal la nuit, et pense aux gens qu'il a du tuer pour éviter de se faire tuer à son tour. Son corps, lui aussi est marqué à vif par ce passé si douloureux. Aujourd'hui, il est content que son pays soit enfin en paix. Mais se rend compte des transformations que subit sa ville. Ce monsieur m'a beaucoup marqué, j'ai eu du mal à reprendre ma visite sereinement après cette conversation qui m'a un peu bouleversante. 

Cuba ! 

Blog Madame Voyage Cuba Trinidad Portrait Cubain
Blog Madame Voyage à Cuba, Trinidad, Portrait d un cubain et sa lada
Blog Madame Voyage à Cuba, Trinidad, Portrait d un cubain et sa lada
Blog Madame Voyage à Cuba, Trinidad, Portrait d un cubain

Pour rentrer chez moi, je passe à nouveau dans le centre historique. C'est au bout du deuxième jour, que je réalise, que la ville de Trinidad, est très portée sur l'Art & la culture. Je vois des galeries d'Art à tous les coins de rues. J'ai eu gros coup de coeur pour la Galeria Taller, dans la rue José Mendosa (Santa Ana) #612. Elle expose les oeuvres de Yoandy Garcia Rodriguez et de Maikel Pérez de Orlaz. Les deux peignent des portraits de cubains dans des styles abstraits et colorés. Je discute longuement avec la gardienne, qui m'explique qu'ici l'art est enseigné dans les plus petites classes, rattachés à des projets communaux, pour inciter les jeunes à participer et gagner des bourses d'études. Le sujet est très long, j'écrirai un article sur le sujet pour les intéressés. J'ai beaucoup aimé aussi La Casa de Cultura où nous pouvons justement admirer les oeuvres des jeunes élèves, qui sont présentées par thème et par classe. 

Après m'être un peu reposée dans ma casa particular, je veux maintenant découvrir la ville de nuit. J'ai essayé de me renseigner la journée pour connaître un peu le programme. Mais il est assez compliqué de savoir à l'avance. Bien qu'il y ait des panneaux devant les endroits clés, les troupes peuvent changer d'une heure à l'heure. Autant la journée, les cubains sont des gens plutôt très bien organisés et ponctuels, autant le soir, c'est une toute autre histoire ! Pour démarrer ma soirée, je suis allée découvrir la Casa de Música, c'est un endroit agréable pour écouter des groupes sur place. Puis après, plus tard dans la soirée, je suis allée au Ricón de la Música. Dans cet endroit j'ai dansé au rythme des cubains (du moins j'ai fais ce que j'ai pu, je n'ai pas le niveau), mais je me suis bien amusée. Je n'ai pas trop trainé, car l'ambiance est tout de même assez particulière ! Alors attention les filles ! Si vous êtes seules (entre filles), s'il vous plaît ne vous amusez pas à accepter les avances des mecs qui souhaitent votre compagnie pour les aider à rentrer. Ca vous vaudra quelques heures de rixes avec les policiers, qui vont vous questionner jusqu'à vous embarquer au poste sans raisons ! Ils ne rigolent pas. Bref, je me rends compte après La Havane, que le monde de la nuit à Cuba, est vraiment un autre monde ! Je préfère me lever tôt pour aller grimper en montagne, sur El Tope de Los Collantes (prochain article) au départ de Trinidad. 

Blog Madame Voyage El Che Peinture Trinidad
Blog Madame Voyage El Che Peinture Trinidad

 

+ INFORMATION PRATIQUES À TRINIDAD +

Trinidad, cette ville au charme si intemporel et colonial

   

MON CARNET D'ADRESSES

+ OÙ DORMIR ? 

  • Casa Colonial El Patio (Calle San José #274) : Monsieur Señor Manuel Castillo Águila casacolonialelpatio@gmail.com C'est une VRAIE maison coloniale avec tout son charme d'antan ! Une expérience absolument magique, avec de très bons plats (même pour les végétariens). C'est un peu plus cher qu'ailleurs, mais ça vaut le coup ! 

+ OÙ MANGER ? 

  • LE MIDI : Restaurant Bistrot Trinidad (calle Encarnación #34) : La vue de la terrasse est époustouflante sur les champs de cannes à sucre et sur l'église du centre historique ! J'y ait dégusté un plat créole & cajun 100% végétal. J'ai pris 2 entrées. Le service était très correct, une équipe sympa. En plus au cours du repas, est venu s'installer une petite troupe de musiciens. 
  • LE SOIR : Je vous conseille de dîner dans votre casa particular (commander votre repas le matin pour le soir). Ou sinon, baladez-vous dans les rues, et suivez votre inspiration. 

+ OÙ BOIRE UN VERRE ? 

  • Café Don Pepe (calle Piro Guniart) : Une superbe adresse très originale et très cubaine ! Il y a autant de cubains que de touristes ! Les lycéens en sortant avec leurs costumes viennent déjeuner leur traditionnel croque monsieur local. Pendant que nous testons le café-rhum ! Le lieu est tout à fait incroyable situé sur une petit place dans une cour qui paye pas de mine. On pousse la porte et hop magie ! 

+ OÙ SORTIR & DANSER ? 

  • Casa de la Música (calle Simon Bolívar #72) : Entrée gratuite jusqu'à 20h, après 1CUC. L'ambiance se réveille à partir de 21h30, lorsque les musiciens débarquent pour mettre l'ambiance avec des musiques afro-cubaine, style Santeria, jusqu'à 23h30. Heure à laquelle, le style de musique et l'ambiance, change du tout au tout. Les musiciens partent pour laisser place au DJ, les tables se déplacent peu à peu, les cubains prennent possession des lieux pour danser jusqu'à tard, dans la nuit. 
  • Casa de la Trova (Plaza de de Segarte) : 2CUC l'entrée. Des groupes de salsa cubaine s'y produisent toute la journée, au fond de la très jolie maison coloniale. Il est possible d'y déjeuner ou d'y dîner, au rythme de la musique. Expérience cubaine garantie ! 
  • Ricón de la Salsa : C'est le lieu des couche-tard ! Ici tout commence à 23h30. Généralement, on retrouve toutes les personnes qui étaient avant, soit à la Casa de la Trova ou à la Casa de Música. L'ambiance est jeune, on se dandine sur les derniers hit de regaeton, accompagné d'un mojito. 

 

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